Plusieurs organisations de défense des journalistes ont demandé aux autorités chinoises le libre accès à Internet. "La censure n'a pas sa place aux Jeux olympiques", a affirmé jeudi la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ).
Reporters sans frontières (RSF), la FIJ, la Presse Emblème Campagne (PEC) notamment ont demandé aux autorités chinoises de rétablir l'accès à certains sites Internet, rendus indisponibles pour les journalistes étrangers arrivant à Pékin pour couvrir les Jeux Olympiques.
"C'est avec consternation que nous avons appris du gouvernement chinois que certains sites Internet sont bloqués», a déclaré le secrétaire général de la FIJ, Aidan White, cité dans un communiqué.
"Il s'agit d'un grave manquement de leur part à la promesse donnée que tous les journalistes auraient un accès illimité à Internet", a-t-il souligné.
"Nous exigeons que toutes les restrictions soient levées afin que nos collègues puissant travailler librement et puissent avoir accès à l'information dont ils ont besoin", a déclaré le représentant de la FIJ qui regroupe quelque 600 000 journalistes dans plus de cent pays.
La FIJ note que les journalistes déjà présents en Chine sont dans l'incapacité de chercher de l'information sur des sites tels que ceux concernant le Falun Gong, le Tibet ou Amnesty International, mais aussi que les sites de nombreux medias étrangers ainsi que d'autres ONG comme RSF sont inaccessibles.
"Pour le journalisme, c'est un mauvais départ", a ajouté M. White. "Nous demandons à l'association des journalistes chinois et aux autorités chinoises de respecter leurs promesses et d'ouvrir l'accès à Internet à tous les journalistes. La censure n'a pas sa place aux Jeux Olympiques", a-t-il poursuivi.
La FIJ est également inquiète quant à l'accord que le CIO aurait, semble-t-il, passé avec les autorités chinoises pour permettre de censurer l'accès à Internet.
Le directeur du service de presse du CIO, Kevin Gosper, a affirmé qu'il avait été avisé que des représentants de l'organisation ont négocié le blocage de certains sites avec les autorités, car ils n'étaient pas directement liés au Jeux olympiques. RSF s'est déclarée "écoeurée par l'attitude du CIO" et dénonce "le cynisme des autorités chinoises qui, une fois de plus, ont menti".
"Les promesses que les autorités chinoises avaient faites en 2001 n'ont pas été respectées, mais le CIO cautionne la situation en participant au black-out de l'information", a affirmé l'ONG.
A Pékin, plusieurs porte-parole ont déclaré jeudi que la Chine ne reviendrait pas sur son contrôle de l'internet pendant les jeux Olympiques, en dépit de la polémique soulevée par cette annonce.
Plusieurs porte-parole se sont employés jeudi à enfoncer le clou, alors que le CIO, gêné, a du reconnaître que les autorités chinoises n'avaient en réalité jamais promis une liberté totale sur le web pour la presse accréditée.
"Nous sommes déterminés à appliquer les réglementations", a affirmé Liu Jianchao, au point de presse régulier du ministère chinois des Affaires étrangères. (afp/7sur7)
31/07/08 14h59